Le Nigeria a condamné mardi l'attaque perpétrée samedi au Darfour contre la mission de l'Union africaine au Soudan (Amis), au cours de laquelle dix soldats ont été tués, dont sept nigérians, rejetant toutefois l'éventualité d'un retrait de ses troupes de cette région.
"Le gouvernement fédéral du Nigeria condamne cette attaque et redoute que cet incident ne porte atteinte à la crédibilité de la mission internationale" de paix au Darfour, a déclaré le porte-parole présidentiel Olusegun Adeniyi dans un communiqué.
Il a d'autre part rejeté l'éventualité d'un retrait des troupes nigérianes de la mission de paix au Soudan.
"Le Nigeria va continuer d'y participer, car nous respectons notre engagement au Darfour" dans le cadre de la force hybride ONU/UA, appelée à se déployer vers la fin de l'année au Darfour.
D'après un dernier bilan communiqué au siège de l'Union africaine (UA) à Addis Abeba, sept soldats nigérians ont été tués ainsi que deux observateurs militaires --du Mali et du Botswana-- et un policier sénégalais.
C'est l'attaque la plus meurtrière commise contre l'Amis depuis son déploiement au Darfour en 2004. Elle a été perpétrée dans un camp à Hasknita, dans le sud du Darfour.
Interrogé sur la question de savoir si le Nigeria allait envoyer de nouvelles troupes pour renforcer la sécurité sur le terrain, le porte-parole présidentiel a déclaré "que ce n'était pas au Nigeria de fournir de nouvelles troupes". "C'est aux autres pays (...) de remplir leurs promesses", a-t-il dit.
Le communiqué ajoute que le président nigérian Umaru Yar'Adua a été "choqué" par la nouvelle de l'attaque et qu'il avait mandaté une délégation conduite par son chef de la Défense, le général Owoye Azazi, pour se rendre au Soudan "afin de faire le point sur la situation et montrer sa solidarité avec les troupes".
Cette délégation sera également chargée de ramener au Nigeria les victimes de l'attaque, selon le communiqué.
Outre les soldats tués lors de l'attaque, huit soldats nigérians ont été grièvement blessés et trois sont toujours portés disparus.
La force de l'Amis a été la cible de nombreuses attaques. Elle a perdu au total 17 hommes et a eu de nombreux blessés.
Cette force doit être remplacée dans les mois qui viennent par une force plus robuste, associant les Nations unies.