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| Président Gbagbo |
C’était il y a cinq ans. Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, des rebelles avaient tenté, sans succès, de renverser le président Gbagbo.
Plutôt que de se ranger à ses côtés, la France de Jacques Chirac décidait alors de s’interposer militairement, avant de lui imposer les accords de Marcoussis. Une attitude que le président ivoirien n’a jamais digérée. En novembre 2004, la rupture était consommée avec la mort de neuf soldats français à Bouaké lors d’un raid aérien de l’armée ivoirienne. Cinq ans après le début de la crise en Côte-d’Ivoire, les relations entre Paris et Abidjan ne sont toujours pas normalisées.
Pourtant, en mai, l’élection de Nicolas Sarkozy a été plutôt bien accueillie par le socialiste Gbagbo : tout valait mieux que Chirac ! Depuis, le président ivoirien espère une invitation en bonne et due forme à l’Elysée, et ne ménage pas ses efforts pour amadouer son homologue français.
Sarkozy «nous fait espérer», confie-t-il cette semaine à l’hebdomadaire Jeune Afrique, «parce qu’il est le seul président de la Ve République à être né après la Seconde Guerre mondiale». Avant d’ajouter, toutefois, qu’il faut «tout remettre à plat avec la France, tout rediscuter» : accords militaires, échanges bilatéraux, etc.
Mais quand ? «Aucune rencontre n’est à l’ordre du jour», affirme l’entourage de Sarkozy. Ni à Paris ni à New York, en marge de l’assemblée générale de l’ONU, la semaine prochaine. L’Elysée souhaite d’abord des avancées concrètes dans l’organisation d’élections «justes et crédibles» en Côte-d’Ivoire .
Lesquelles se font attendre : le processus d’identification de la population, prélude à la réactualisation des listes électorales, n’a toujours pas démarré. «La confiance, cela ne se décrète pas, cela se construit», dit-on à Paris, où l’on assure être prêt à une normalisation avec Abidjan. Mais sous condition.
Par THOMAS HOFNUNG