Les employés de la Société de transformation industrielle (STI) sise à la zone portuaire ont observé le 9 octobre à Lomé un débrayage. Ce nouveau fait suite aux conditions de travail pénible dont ils sont victimes a appris Lomecite.
Tout a commencé avec la revalorisation du SMIG et du SMAG par le gouvernement pour atténuer un tant soi peu le phénomène de la vie chère au Togo. Au niveau des sociétés de la SAZOF, on leur a demandé d’augmenter les salaires de 10% pour être en norme avec le nouveau SMIG. Comme la STI ne disait rien, les employés étaient rentrés en négociations avec elle pour l’amener à appliquer la nouvelle loi. Mais elle ne veut rien entendre. C’est cette situation qui a poussé les employés à cesser hier le travail.
« Nous faisions 48h de travail au lieu de 40h. Malgré tout, on ne veut pas augmenter nos salaires comme en ont fait les autres sociétés de la zone franche. C’est pourquoi nous avons décidé ce matin d’aller en grève », nous a affirmé un manifestant. Même son de cloche chez un autre : « Nous sommes fatigués de ces Libanais qui nous maltraitent. Actuellement, notre infirmerie est hermétiquement fermée. Quand on tombe malades, on nous envoie à Baguida chez un médecin qui, en complicité avec le directeur, ne diagnostique aucune maladie. Certains camarades ont les doigts coupés, mais ils sont laissés à leur propre sort ». « Ils ont donné des congés techniques à certains camarades. Cela fait plusieurs semaines, mais on ne les appelle plus. Le pire, ils étaient allés chercher des gens à Bassar pour travailler. Après quelques jours, on les a renvoyés sans explication et sans aucun franc. Pourtant, ce sont des gens qui travaillaient dur », relève quelqu’un d’autre.
La STI est une société qui fait partie de la zone franche et intervient dans la menuiserie. A en croire les employés, elle fait un chiffre d’affaires énorme «C’est nous qui fournissons des meubles à l’Hôtel 2Février, Sarakawa, Ibis. Tout dernièrement, nous sommes sur un chantier à Agou et un autre à la plage Résidence les Cocotiers). Avec ces millions qu’ils gagnent, ils osent dire qu’ils n’ont pas les moyens pour nous satisfaire », s’indigne un jeune employé.
L’affaire est actuellement au niveau de la direction de la SAZOF qui, selon son représentant, a donné jusqu’à la fin de ce mois à la STI pour faire appliquer cette nouvelle loi. Dans le cas contraire, dit-il, nous serons obligés de leur retirer le dossier d’installation. C’est sur ces mots que les employés ont repris le travail.
Source: Liberte Tri-Hebdo du 10 Octobre 2008