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| Le monument de Dévégo/Photos Hugues |
Atmosphère de désolation, ambiance morose et chargée d’électricité, tension extrême tels constituent la température de Dévégozan, localité située aux encablures de Baguida. 72 heures après la furie des forces de l’ordre qui ont battu et chassé les sinistrés des inondations au CEG de Baguida en les renvoyant à leur domicile, le sentiment est à la colère et à l’incompréhension. Reportage à Dévégo
Et pourtant au nom de la solidarité avec les sinistrés, les aides ont afflué de partout. Lors de la récente conférence du gouvernement, le ministre de l’Economie et des Finances faisait le point de la situation. « … Jusqu’à ce jour, nous avons officiellement reçu 205 millions de F CFA au titre de la contribution de quelques institutions comme l’UEMOA (150 millions F CFA), la CEDEAO (50 millions), la BIDC (5 millions) », a déclaré Adji Ottey Ayassor. La liste s’est agrandie ave plusieurs autres dons en vivres et non vivres. On pourra citer entre autres ceux du joueur international togolais Adébayor Sheyi estimé à 15 millions de F CFA, l’enveloppe de l’Union Européenne 60 millions de F CFA, les dons des sociétés de la zone franche (asazof) estimés à 11 millions de F CFA, l’enveloppe financière de Bolloré 15 millions de FCFA et de Progossa, 15 millions également et les dons des églises MIVEA et « Yesu le agbe » pour ne citer que ceux-là. La liste est longue et les deux ministères – la Sécurité et la Protection Civile et des Affaires Sociales – que dirigent respectivement le Colonel Atcha Titikpina et Mme Mémounatou Ibrahima ont été les principaux bénéficiaires de ces dons. Mais alors on se demande comment on est arrivé à chasser « manu-militari » les sinistrés du CEG de Baguida sous prétexte que les forces de l’ordre affirment avoir achevé leur mission.
Ayaovi, père de famille relate les événements qui se sont produits le 30 août dernier au
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| Une femme dans l'eau |
CEG de Baguida. « Quand les forces de l’ordre sont arrivés, ils ont commencé par distribuer les vivres. Chaque famille a reçu 1 sac de mais, 4 bols de gari, du riz et la dose a diminué au fur et à mesure. Quand la distribution arrive à terme, les forces de l’ordre ont commencé par battre les jeunes, les femmes alors que certains prenaient la fuite… », a-t-il relaté. Plus loin, c’est une femme que nous avons retrouvé les pieds dans l’eau qui portait à son bras un petit garçon malade « Nous étions obligés de revenir dans notre maison inondée car nous n’avons nulle part où aller. Mon fils était tombé malade au CEG et les médecins m’ont dit qu’ils ne disposent pas de médicaments pour le traiter », a-t-elle déclaré. Un peu à côté de sa maison, le bruit d’un moteur réveille notre attention. « On est entrain d’évacuer l’eau dans une maison voisine », affirme ironique un jeune garçon avant de poursuivre : « Vous savez, c’est une dame qui loge là-bas et c’est elle qui a publiquement déclaré sur la TVT que l’eau s’est retirée des maisons. Nous ne savons pas pourquoi elle avait menti, peut-être qu’elle a pris des sous, Dieu seul saura », relate la même source. Avant de quitter la localité, des voix nous interpellent : « Allez dire aux autorités que nous sommes toujours dans l’eau. Ils tiennent les beaux discours dans les bureaux, ils n’ont qu’à venir constater eux-mêmes sur le terrain ». Touché par cette interpellation, l’ex-Premier ministre Agbéyomé Kodjo a décidé d’apporter son aide à ces sinistrés contraints de regagner leur bercail « inondé ». « Allez dire à tous les sinistrés que je reviens ce matin chez vous pour vous apporter personnellement des nattes, vêtements, sceaux et de la nourriture », a-t-il martelé.
D’après les informations dignes de foi, certaines femmes sinistrées ont été abusées par les forces de l’ordre. Une information qui jette du discrédit sur ces forces de l’ordre censés protéger les sinistrés et qui se transforment en de véritables bourreaux. Le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, le Colonel Atcha Titikpina est interpellé pour qu’une enquête soit ouverte afin de situer les responsabilités. Il est également urgent que Faure Gnassingbé en personne trouve une solution aux problèmes de ces sinistrés et que les aides des institutions internationales et des bonnes volontés puissent réellement aller aux ayants droits. De cette bonne gestion et cette volonté de servir le peuple (démuni et faible) découlera de la confiance auprès des bailleurs de fonds et rendra crédible le gouvernement du couple Faure-Mally.
Hugues ATTIKPO- Lomecite.com