Il y a à peine quelques jours que l’Afrique a commencé une douloureuse cicatrisation d’une affreuse blessure provoquée par des élections contestées au Kenya et la bataille post électorale qui s’annonce déjà au Zimbabwe risque de provoquer une entaille encore plus douloureuse au Continent Noir d’autant plus que ces évènements se déroulent tous les deux en Afrique australe.
Visiblement, les vieilles habitudes ont la peau dure. Comme certains de ses collègues avant lui, Robert MUGABE naguère le chantre de l’indépendance zimbabwéenne tombé en disgrâce aux yeux de sa population, est prêt à conserver jusqu’à ce que mort s’en suive, le pouvoir au lieu de le remettre avec gloire entre les mains du véritable vainqueur de ce scrutin qui a d’ailleurs déclaré qu’il n’y aurait pas de chasse aux sorcières car il y a d’autres priorités pour son pays.
A quel plaisir mondain n’a pas encore goûté un vénérable vieillard de 84 ans pour vouloir à ce point conserver un pouvoir détenu depuis 28ans et qui lui a, au vu et au su de tout le monde échappé lors des derniers scrutins du 29 mars passé ?
Pour dire vrai, l’attitude de MUGABE n’a pas été une surprise et la rumeur faisant état en fin de semaine passée, de négociations en vue de son départ en douceur n’a été qu’une stratégie organisée par son clan pour retarder les choses et leur permettre de noircir encore un peu plus, le tableau des fraudes électorales.
En attendant une hypothétique proclamation des résultats de la présidentielle, l’anxiété et des signes d’agacement commencent par faire jour dans ce pays qui jadis était ‘’le grenier à céréales’’ de l’Afrique et dont l’économie était l’une des plus florissantes jusqu’à cette fameuse réforme agraire d’il y a huit (8) ans.
Aujourd’hui, la vie y est tout simplement invivable. Le prix des produits a augmenté de 1000% avec une inflation invraisemblable de 150.000% ! Actuellement, il faut officiellement 30.000 dollars zimbabwéen pour obtenir 1USD mais sur le marché noir du fait de la rareté des devises, il faut entre 16 et 20 millions de dollars zimbabwéen pour 1 USD. Mais où va le monde ?
La communauté internationale (une des plus loufoques terminologies qui existent dans le langage humain) reste et restera inerte jusqu à ce qu’un bain de sang rougisse les entrailles de cette terre fertile du Zimbabwe. Les puissances occidentales telles des charognards attendront que ce peuple s’entretue avant de mettre en place, les ‘’fameuses commissions d’enquête’’ dont les résultats n'ont jamais été appliqués dans aucun pays du monde.
Le souhait, hélas, il ne s’agit que d’un souhait est que le peuple zimbabwéen puisse contenir sa colère, sa douleur, face à une criante injustice pour empêcher MUGABE de mettre en scène, le scénario du film d’horreur auquel on a assisté au Kenya !
Théodore ALOWOU / Lomé@cité.com