Le Togo, cela personne ne l’ignore, a toujours été un pays d’exception sur tous les plans et il est inutile de faire mention de toutes les situations exceptionnelles qu’a connu et que connaît encore ce territoire de 56.600 km2. Il sera cependant fait cas de l’une de ces nombreuses exceptions qui font sa singularité. En effet, il fait partie de l’un des rares pays sinon le seul à ne pas avoir réévalué la grille salariale de ses fonctionnaires ni à mettre en place des mesures d’accompagnement après la funeste et ravageuse dévaluation du Franc CFA au début des années 90. Ce non accompagnement de la dévaluation a provoqué un formidable effet ‘’boule de neige’’ sur les ménages et a fini par écraser ces derniers qui sont aujourd’hui pour la grande majorité dépourvus d’un réel pouvoir d’achat.
Nombreux sont les ménages qui aujourd’hui prennent à peine, un repas par jour. C’est vrai qu’à côté, on assiste à l’émergence d’une classe sociale caractérisée par une richesse insolente dont les signes ostentatoires sont les S.U.V et autres limousines de grand luxe ainsi que les appartements ressemblant plus à des complexes hôteliers qu’à de simples habitations de particuliers.
Les Togolais, tels des cachalots qui après avoir perdu le nord échouent sur une plage annonçant ainsi une chronique d’une mort programmée, sont en train d’être poussés à un suicide collectif par le désormais célèbre monstre affublé du nominatif ‘’vie chère’’.
Dans certains pays, il est fait mention de l’allègement du panier de la ménagère mais au Togo, il faut dire que la ménagère à force de racler le fond de son panier a fini par le trouer et de ce fait, elle n’en a plus.
Encore une fois, l’histoire bégaye. Pour combattre la vie chère, l’on a assisté dans certains pays de la sous-région à la prise de certaines mesures d’accompagnement par les gouvernants pour alléger un temps soit peu, le calvaire de leurs populations.
Malheureusement au Togo, au moins pour l’instant, aucune de ces mesures visant à améliorer le quotidien du citoyen n’a encore été prise. Les rares velléités de révolte contre cette étrange inertie des autorités publiques sont tuées dans l’œuf sur la base de motifs ‘’abracadabrants’’.
Une chose est sûre, à ce rythme, le Togolais moyen n’aura même plus le luxe de s’offrir un repas par jour. Si les mots compassion et pitié existent, alors les gouvernants devraient en saisir le sens en vue de rendre moins pénible, ‘’le chemin de croix’’ qu’effectuent chaque jour, les Togolais.
Théodore ALOWOU/ Lomé@cité.com