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| Gilbert Fossoun Houngbo, le PM du Togo |
Le monde politique togolais a déjà connu, depuis l’avènement du pluralisme huit Premiers Ministres, avant la nomination de Gilbert Fossoun Houngbo. Reste à savoir si ces différents Premiers Ministres avaient la latitude d’accomplir les missions pour lesquelles ils ont été appelés, et si le pouvoir en place était à même de laisser la main libre à ces hommes d’exécuter leur programme de société.
Cette question, chacun se la pose. En effet, en l’espace de 16 ans, le Togo a connu 9 (neuf) Premiers Ministres. De Joseph Kokou Koffigoh à Gilbert Fossoun Houngbo en passant par Edem Kodjo, Kwassi Kloutsè, Adoboli Koffi, Agbéyomé Kodjo, Koffi Sama, Me Yaovi Agboyibo puis Komlan Mally. Chacun de son côté, selon la période, est appelé à accomplir une mission bien définie. Toujours est-il question que ces hommes n’ont jamais été au bout de leurs missions. Ils démissionnent ou ils sont relevés de leur fonction au moment même où les Togolais ne s’y attendaient pas. Le cas de Komlan Mally vient une fois encore confirmer cette allégation. Faisons un rétrospectif du passage de ces locataires de la primature.
Pour la première fois, le mot Premier Ministre est perçu comme un élément de partage du pouvoir qui permettra au bas peuple de jouir des avantages de la démocratie. Mais très tôt il est à remarquer que le Premier ministre Togolais est à la merci du chef de l’Etat qui, contre tout attente dispose d’un pouvoir absolu qu’il exerce unilatéralement. Le Premier ministre n’est alors qu’un simple « monument » affiché sans grande valeur. Des comptes rendus, des rapports sont adressés au plus haut sommet (chef de l’Etat) par des ministres qui en réalités sont sous l’autorité du PM selon l’acticle 07 de la constitution de la République Togolaise. Neuf premiers ministres en l’espace de 16 ans. Peut-on dire que le Togo en a trop si réellement le régime en place dispose d’une volonté absolue de laisser la main libre à ces hommes d’accomplir leurs missions ?
Depuis que Faure Gnassingbé a pris le pouvoir, en trois ans, quatre premiers ministres se sont succédés : Edem Kodjo le tout premier, Me Agboyibo, Komlan Mally et enfin Gilbert Fossoun Houngbo. Un record de nomination de PM, soit un Premier ministre tous les 10 mois. L’on se demande ce qui peut être à l’origine de ce record. Faudra-t-il dire que Faure Gnassingbé ne réussit pas à mettre la main sur cet oiseau rare à qui revient la force de redresser le pouvoir économique et socio-politique du pays ? Du moment que Gilbert Fossoun Houngbo est un homme de terrain pour avoir occupé de hautes fonctions aux Nations-Unies, tout porte à croire qu’il ne rencontrera pas les affres de l’entourage compact du Chef de l’Etat et qu’on lui laissera la main libre à mieux faire le boulot pour lequel il est appelé. Son expertise pourra permettre au Togo de se redresser quand bien même il connaît peu le pays. La volonté manifeste du pouvoir en place doit être de mise afin de faciliter la réalisation du programme d’action du nouveau PM.
En deux ans avant les élections de 2010, Gilbert Houngbo serait en mesure de redresser le Togo sur le plan financier et de développement. La balle est donc dans le camp du pouvoir ne place.
B. Lemond- Triangle des Enjeux